dimanche 18 novembre 2012

GILLES KEPEL - PROFESSEUR À SCIENCES PO PARIS Face au salafisme, banaliser l’islam comme les autres religions


Y a-t-il une progression du salafisme en France ?

Le phénomène salafiste est limité en nombre, il ne concerne que quelques milliers de personnes en France, et dans leur majorité, les salafistes sont non-violents. Ceux qui désirent passer au jihad sont une minorité à l'intérieur d'une minorité. Néanmoins, il suffit d'un acte de violence pour mettre le feu aux poudres, et l'affaire Merah, puis l'affaire Jérémie Louis-Sidney à Strasbourg, sont sources d'interrogation.

L'interrogation a tourné à la polémique…

L'affaire Merah n'est toujours pas complètement élucidée. Elle est intervenue dans le contexte de l'élection présidentielle, et on reste très surpris, au vu de l'enquête commanditée, par les incroyables ratés du renseignement, qui avait pourtant identifié et « logé » Mohammed Merah. Mais la survenue de l'affaire de Strasbourg, parce qu'elle pointe aussi la capacité du salafisme à convertir des jeunes particulièrement fragiles, qui ont déjà basculé dans la délinquance, soulève des interrogations sur notre modèle social et sur les formes d'opposition en son sein.

C'est-à-dire ?

Dans les banlieues défavorisées, la référence identitaire islamique a progressé. Elle n'est pas, dans sa totalité, en confrontation avec la société française et les idéaux républicains. Il appartient aux autorités publiques, notamment en renouvelant en termes de génération la représentation de l'islam de France, de favoriser l'émergence d'interlocuteurs responsables, qui banalisent l'islam comme sont banalisées les autres religions. .

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Publié le 13/11/2012 à 06:00 par Propos recueillis par Francis Brochet

vendredi 16 novembre 2012

Une imam va marier deux musulmanes à Paris - Terrafemina

Une imam va marier deux musulmanes à Paris


Venue spécialement des États-Unis, une femme imam de la mosquée progressiste de Los Angeles officiera pour le mariage symbolique de deux Françaises musulmanes ce samedi à Paris. Le Centre lesbien gay, bi et trans de la capitale accueillera la cérémonie organisée par la Confederation of Associations LGBT, European or Muslim (CALEM), qui mènera par ailleurs sa conférence annuelle à Paris. « Les futures mariées sont deux Françaises de confession musulmane », explique le porte-parole de l'association HM2F Homomusulmans Ludovic-Mohamed Zahed, également coordinateur de la conférence.

« Elles ont décidé de se marier après une longue réflexion », même s'il s'agit d'une union symbolique : « En Islam, il n'y a pas de mariage religieux. Le mariage est un contrat social entre deux personnes devant des témoins. Rien n'interdit l'union entre deux personnes du même sexe. Pour une majorité de musulmans, la sexualité reste le plus grand des tabous », explique en effet Ludovic-Mohamed Zahed. « En France, il y a une vraie attente. Parfois des musulmans nous écrivent pour nous dire "merci, c'est ça, pour nous l'islam" ». Si ce type d'initiative est monnaie courante outre-Atlantique, c'est une première en France.

Salima Bahia

Crédit photo : BananaStock

jeudi 15 novembre 2012

Les banlieues, premières victimes de la crise 15.11.12 | 20:57 | Le Monde.fr

Les 751 zones urbaines sensibles (ZUS) cumulaient déjà les handicaps, mais selon l'Onzus, la crise a encore aggravé leur situation. Le taux de pauvreté (part des personnes vivant avec moins de 964 euros par mois) y est ainsi passé de 30,5% en 2006 à 36,1% en 2010. Au cours de la même période, il n'a progressé que de 11,9% à 12,6% en dehors de ces quartiers.

TAUX DE CHÔMAGE PLUS ÉLEVÉ

Plus jeunes, moins qualifiés, majoritairement d'origine étrangère, les 4,5 millions d'habitants des ZUS peinent d'abord sur le marché du travail. Depuis 2008, la part des habitants de ZUS ayant un emploi ne cesse de diminuer et moins d'une personne âgée de 15 à 64 ans sur deux (47,6%) y est aujourd'hui salariée.

En parallèle, le taux de chômage est encore passé de 21,9% en 2010 à 22,7% en 2011. Or, rapporte l'Onzus, "les effets de la crise économique semblent plus prononcés en ZUS car dans le même temps, le taux de chômage dans les autres quartiers des mêmes agglomérations est très stable depuis 2009,autour de 9,5 %".

Hasard du calendrier, le rapport annuel de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) paraît juste après la grève de la faim du maire de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, qui a mis les projecteurs sur les défis des villes pauvres.

Au futur président de l’UMP : rendez-nous une droite normale 14 novembre 2012 LIBERATION !

Par MADJID SI HOCINE Animateur de l'Egalité d'abord !

De nombreux pays démocratiques s'organisent autour de deux pôles, un plus conservateur et un plus social, classiquement désignés chez nous par la droite et la gauche. Nous nous étions habitués à devoir, lors du vote au second tour, trancher entre une droite et une gauche bien différenciées mais qui avaient peu à voir avec leurs extrêmes respectifs. Ces dernières années, et surtout la campagne présidentielle, ont désarçonné une partie des électeurs traditionnels de la droite mais aussi tous ceux qui aiment suivre le débat politique et qui, sans forcément partager les convictions du bloc conservateur, ont un respect républicain pour leurs opinions.

Dimanche, les militants de l'UMP désigneront leur président, c'est l'occasion d'une refondation idéologique et politique. Moment capital pour ce parti qui n'a que 10 ans et dont vient de s'éloigner une partie des centristes en fondant l'Union des démocrates et indépendants (UDI) autour de Jean-Louis Borloo. Comment ne pas les comprendre quand le débat idéologique et les propositions tournent autour de la place de l'islam en France, des immigrés ou du «cancer des assistés» ?

Aujourd'hui, nombre d'anciens thuriféraires de l'ex-président, qui furent parfois ses ministres, ont esquissé un succédané de droit d'inventaire paraissant souvent tard venu et, au pire, indécent. Tous les observateurs attendent donc avec gourmandise ou anxiété de connaître le nom de celui qui sortira du chapeau.

Au même moment, la catastrophe économique annoncée fait sentir ses effets, les plans de licenciement tombent les uns derrière les autres, la réalité de la dégradation des comptes publics saute aux yeux de la majorité des Français, le désespoir et le renoncement devant ce qu'on pense être une fatalité gagnent du terrain.

L'UMP, encore sonnée, ne semble pourtant pas capable de redevenir une force de propositions crédibles. Marine Le Pen, ayant enfin tué le père, est prête à créer une alternative en mesure de rassembler une partie de l'électorat conservateur sur le modèle de ce qu'a pu faire Gianfranco Fini en Italie avec le parti héritier du MSI de Mussolini. Le Rassemblement bleu Marine fourbit ses armes, met en avant de nouveaux leaders «light». Qui sait quels seront ses scores quand il aura réussi à attirer d'autres Gilbert Collard de talent qui, faut-il le rappeler, fut radical valoisien et dans un passé plus lointain trotskiste ! C'est probablement le plus grand danger pour l'ex-majorité.

Il faudrait sortir de la simple critique des mesures et des discours du gouvernement et formuler des contre-propositions. Se garder de tomber dans la facilité de la polémique, aisée, mais qui ne fait pas progresser les débats. C'est justement ce dont les Français sont fatigués.

Dégrisés du rêve de lendemains qui chantent, ils ne croient plus une seconde que les politiques aient le moindre pouvoir de «changer la vie» si l'on en croit l'abstention qui atteint, dans nombre d'endroits, lors de certains scrutins près de trois quarts du corps électoral. Un jour, ils chercheront une alternative à l'élection, dont ils n'attendent plus rien, et personne n'aura à y gagner. L'époque que nous vivons est troublée et anxiogène, c'est un ferment extraordinaire pour les extrêmes. Le constat est terrible, notre pays apparaît de plus en plus comme une terre en jachère. De larges parties de nos territoires deviennent des zones de relégation pour la misère et le désespoir, où l'Etat ne tient plus sa place malgré les plans de rénovation urbaine. Un spleen contagieux gagne.

Dans son dernier rapport, l'ancien médiateur de la République avait brossé le tableau d'une France anxieuse et en souffrance, un bilan sans appel. Le monde qui nous entoure n'est pas non plus rassurant. C'est là où sont les vrais enjeux, pas dans des conversations de comptoir tenant lieu de débat politique autour d'un pain au chocolat, dans des désignations de boucs émissaires, ou des combats d'arrière-garde au rythme des bras d'honneurs !

C'est pourquoi la France et les républicains de tous bords ont besoin d'une droite forte et intelligente, qui propose, construit, réfléchit, pas d'une droite populaire décomplexée qui semble surtout désinhibée. Elle ne peut que pâtir d'une droite qui stigmatise, oppose, singe l'extrême droite. Monsieur le futur président de l'UMP, rendez-nous une droite normale, ceux qui croient encore en la République en ont besoin pour éviter un Waterloo de la démocratie en 2017 !

mercredi 14 novembre 2012

"Racisme anti-Blanc", non à une imposture ! 14.11.12 | 17:43 | LE MONDE Stéphane Beaud, sociologue et Gérard Noiriel, historien

Des manifestants anti-racisme le 1er mai 2012, à Paris.AFP/PIERRE VERDY

Le 26 octobre, pour la première fois dans une affaire de ce type, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) s'est portée partie civile contre un prévenu accusé de violences avec la circonstance aggravante de "racisme", au motif qu'il a insulté la victime en criant "sale Blanc, sale Français". Invité à commenter cette initiative ahurissante, le coprésident du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Pierre Mairat, l'a cautionnée en affirmant que la "vraie question" était de savoir si on nie "le racisme anti-Blanc", ou si on le "constate" et "l'analyse" (Le Monde du 27 octobre).

Le "racisme anti-Blanc", slogan lancé comme on le sait par le Front national (FN) dans les années 1980, repris ensuite par la droite "décomplexée", est donc en passe d'être validé par des associations antiracistes !

Si le FN peut revendiquer la paternité de la formule "racisme anti-Blanc", il n'a pas inventé la rhétorique qui la sous-tend. Celle-ci a été forgée au début de la IIIe République. Elle a servi au départ à alimenter l'antisémitisme. Toute l'argumentation raciste d'Edouard Drumont dans la France juive(1886) repose sur l'inversion des rapports de domination entre majorité ("nous, Français") et minorité ("eux, les juifs"). Pour Drumont, les juifs ne sont pas des victimes mais des agresseurs. Ses "preuves", il les trouve dans les faits divers colportés par la presse mettant en cause des juifs.

C'est aussi dans les écrits de Drumont que l'on trouve un autre argument repris par ceux qui dénoncent le racisme anti-Blanc. Les Français victimes de ces violences n'osent pas se plaindre parce qu'ils ont peur. Au lieu de nier la réalité, comme le font les intellectuels cosmopolites, il faut avoir le courage de l'affronter. Le moment est venu de briser un tabou.

Ce type de discours a été d'emblée populaire (La France juive s'est vendue à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires). C'est pourquoi il a été repris par la suite, pour stigmatiser les Tziganes, les immigrés et les indigènes de l'empire colonial. Tout au long du XXe siècle, les associations de défense des droits de l'homme ont combattu cette propagande en affirmant que la lutte contre le racisme était avant tout un combat politique dont la finalité consistait à défendre les droits des minorités. Le fait qu'un Français puisse être insulté (ou agressé) par un individu issu d'une minorité discriminée est condamnable, mais pas au nom des principes qui sous-tendent le combat antiraciste.

Comment expliquer que ces principes soient remis en cause par des associations aussi importantes que la Licra ou le MRAP ? La première raison qu'on peut avancer, c'est l'effondrement des causes qui avaient soudé les diverses composantes du mouvement antiraciste au moment des combats contre le nazisme et le colonialisme. Le délitement des engagements politiques alimente la concurrence entre des associations qui s'enferment dans une vision de plus en plus communautaire.

Cette dépolitisation a eu aussi pour effet de laisser le champ libre aux entreprises médiatiques qui ont transformé le combat contre le racisme en "affaires", (scoops, scandales, etc.). Les "entrepreneurs de morale" se sont engouffrés dans la brèche au point d'occuper tout le terrain. Réduit à sa dimension morale, le combat contre le racisme s'est focalisé sur la dénonciation des préjugés. Or, comme les sciences sociales l'ont montré (deux conférences sur le racisme présentées par Claude Lévi-Strauss à l'Unesco), tous les groupes humains ont tendance à voir le monde à partir du clivage entre "eux" et "nous" et à dévaloriser les "étrangers". C'est ce constat qui a incité le mouvement antiraciste à privilégier l'éducation comme arme contre les préjugés ethnico-raciaux tout en combattant leur expression politique.

Mais l'idéal éducatif des Lumières a laissé la place à la logique répressive du procès, ce qui a conduit les associations à englober sous le terme "racisme" des réalités différentes. L'accusation de "racisme" pouvant être mobilisée dans tous les sens, les conservateurs ont compris le bénéfice politique qu'ils pouvaient en tirer. Depuis les années 1980, la médiatisation des affaires de racisme a eu aussi pour effet d'accélérer la "racialisation" du discours social. Désigner les individus par leur couleur de peau, leur origine, leur religion, c'est alimenter un processus d'assignation identitaire. Au lieu de résister à cette dérive, une partie du mouvement antiraciste l'a accompagnée et cautionnée.

Au moment de "l'affaire des quotas" qui a secoué le football français en mai 2011, nous avions attiré l'attention sur les effets contre-productifs d'une posture se contentant d'agiter sans cesse le spectre d'une "France raciste". L'occultation des réalités sociales au profit des discours identitaires aboutit à imposer dans le débat public un langage opposant les "Blancs" aux "non-Blancs" ("Noirs et Arabes"). Ce langage occulte les différenciations internes à ces groupes racialisés et prive le combat anti-raciste du référent universaliste sur lequel il a pourtant construit son identité. Mais surtout, il contribue à fabriquer la réalité qu'il dénonce.

La racialisation du discours public contribue ainsi à l'enfermement identitaire de la fraction déshéritée de la jeunesse populaire. Privés de toute possibilité de diversifier leurs appartenances et leurs affiliations, ces jeunes intériorisent un vocabulaire racial qu'ils n'ont pas inventé, mais dans lequel ils se reconnaissent, ce qui explique qu'ils puissent se représenter le monde social de manière binaire et ethnicisée : le "nous" (de la cité, des jeunes Noirs ou Arabes, des exclus, mais aussi de plus en plus, semble-t-il, "nous, les musulmans") versus le "eux" (des bourgeois, des Céfrans, des Gaulois, des Blancs, ou des athées, etc.).

En s'engageant dans des procès contre le "racisme anti-Blanc", le mouvement associatif ne fera que renforcer ces clivages. Il alimentera aussi le sentiment d'injustice des jeunes qui se sentent humiliés par ceux qui maîtrisent le langage permettant d'échapper aux accusations de "racisme". On comprend que les politiciens de la droite décomplexée, qui défendent les classes privilégiées, aient intérêt à faire croire à l'opinion que le "racisme anti-Blanc" est le principal problème de la société française. Mais en s'engageant dans cette voie, les associations antiracistes risquent fort de scier la branche sur laquelle elles sont assises.

mardi 13 novembre 2012

Islam : 60% des Français jugent trop importantes sa visibilité et son influence


Islam : 60% des Français jugent trop importantes sa visibilité et son influence
© AFP

Un sondage Ifop publié par "Le Figaro" jeudi, à la veille de la fête religieuse musulmane de l'Aïd al-Adha, tire la sonnette d'alarme sur la perception de l'islam en France.

Par FRANCE 24  (texte)
 

Alors que la communauté musulmane s'apprête à fêter vendredi 26 octobre  l'Aïd al-Adha, fête du sacrifice, un sondage Ifop publié par "le Figaro" montre un malaise français envers l'islam.

D'après l'enquête, réalisée en ligne du 15 au 18 octobre sur un échantillon de 1 736 personnes représentatif de la population française, 43 % des Français voient dans la présence de la communauté une "menace" pour l'identité du pays. Seuls 17 % considèrent qu'elle peut être un facteur d'enrichissement culturel.

Les signes distinctifs et symboles religieux ainsi que l'influence de l'islam sont également jugés trop importants par 60 % des Français. Il y a deux ans, ils étaient déjà 55 % à partager cette opinion.

Le sondage a été réalisé par questionnaire auto-administré en ligne auprès d'un échantillon de 1 736 personnes, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, entre le 15 et le 18 octobre.

Durcissement des Français vis-à-vis de l'islam

Cette enquête montre également une opposition de plus en plus marquée des Français à certains symboles de l'islam. Ainsi, 43 % des sondés se sont prononcés contre la construction de mosquéeset 63 % se disent opposés au port du voile dans la rue, contre 59 % en 2010. Enfin, concernant l'accueil de la société française aux musulmans, 68 % des sondés jugent que la mauvaise intégration de certains musulmans vient de la mauvaise volonté de ces derniers.

Pour Jérôme Fouquet, directeur du département opinion de l'Ifop, le sondage "démontre une évolution qui va dans le sens d'un durcissement supplémentaire des Français vis-à-vis de cette religion et d'une perception négative renforcée de l'islam".
Face à cette mise en demeure, le Conseil représentatif du culte musulman (CFCM) rejette la faute sur le traitement politique et médiatique de l'islam.

"Les Français ne connaissent l'islam qu'à travers l'actualité, qui se concentre sur les faits négatifs comme l'arrestation de radicaux", souligne le président du CFCM Mohammed Moussaoui. "Il y a un traitement politique et social de l'islam et non spirituel".

"Une situation explosive"

Le sociologue Raphaël Liogier, auteur du "Mythe de l'islamisation" et professeur à Sciences Po Aix, s'est dit très préoccupé par le sondage qui, selon lui, reflète une "situation explosive". Le "plus grave", dit-il, est la statistique suivante: 68% des sondés attribuent les problèmes d'intégration des musulmans à leur "refus de s'intégrer".

"En disant cela, les Français supposent une intention maligne et négligent les facteurs économiques et sociaux, estime le chercheur. On est dans la définition clinique de la paranoïa : on a peur de choses que l'on ne voit même plus, que l'on suppose exister."
"C'est très dangereux" car cela peut entraîner des personnes fragiles à se prendre pour des "héros isolés" de la "civilisation européenne" et à verser dans la violence, dit-il.

L'occupation de la Mosquée de Poitiers le 20 octobre par le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire relève, selon lui, de cette logique. Mais "le pire est encore devant nous", ajoute l'expert en estimant possible l'émergence en France d'un tueur comme Anders Behring Breivik, qui a assassiné 77 personnes en Norvège le 22 juillet 2011 au nom de la lutte contre le multiculturalisme.

vendredi 9 novembre 2012

Le 19 mars devient la journée officielle de mémoire des victimes de la guerre d'Algérie 08.11.12 | 20:13 | Le Monde.fr avec AFP

Des adhérents à la Fnaca portant des drapeaux tricolores, assistent, le 19 mars 1999 à Paris, devant la tombe du soldat inconnu, à la cérémonie de commémoration du 37e anniversaire du cessez-le-feu qui avait mis fin officiellement le 19 mars 1962 à la guerre d'Algérie. AFP/THOMAS COEX

Son inscription à l'ordre du jour du Sénat, dix ans après son passage devant l'Assemblée, a suscité un débat passionné, souvent marqué par une forte émotion, sur fond de polémiques sur le passé colonial de la France. Mais la proposition de loi socialiste qui fait du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en 1962, la "journée nationale du souvenir" en mémoire des victimes de la guerre d'Algérie, a finalement été adoptée définitivement par le Parlement, jeudi 8 novembre, après un vote en ce sens au Sénat. Le texte a été adopté par 181 voix contre 155, la gauche sénatoriale s'étant prononcée pour, la droite contre.

Déjà votée en janvier 2002, et dans les mêmes termes, par l'Assemblée nationale, la proposition de loi est donc définitivement adoptée après le vote du Sénat et ne retourne pas devant les députés. En deux courts articles, le texte institue chaque 19 mars une journée "à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc".

"HOMMAGE" OU "DIVISION"

La gauche a défendu un texte qui, selon elle, rassemble et rend hommage à toutes les victimes du conflit. L'UMP a dénoncé pour sa part un texte de division et a accusé la gauche d'instrumentaliser l'histoire à quelques jours du voyage du président François Hollande, le mois prochain, en Algérie. Le 19 mars, date du cessez-le-feu au lendemain des accords d'Evian, le 18 mars 1962, est un sujet de tensions entre la droite et la gauche, mais aussi entre associations d'anciens combattants et de rapatriés d'Algérie.

Dernier signe de cette tension partisane autour de ce sujet : le mystérieux bras d'honneur du sénateur UMP Gérard Longuet en réaction à une dépêche de l'AFP indiquant que l'Algérie demandait une "reconnaissance franche des crimes perpétrés par le colonialisme français". Un geste qu'il a expliqué en déclarant : "La France n'a pas à avoir honte de sa présence en Algérie pendant la colonisation, en tout cas c'est ma conviction." Et d'ajouter : "Refaire l'histoire, cent quatre-vingt-deux ans plus tard, ne permet pas d'aller de l'avant. Je souhaite une relation apaisée entre la France et l'Algérie, mais cela paraît impossible si à chaque fois que l'on se rencontre, on refait le procès de la colonisation."

L'une des principales associations, la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca), qui représente 350 000 adhérents, notamment d'anciens appelés du contingent, militait depuis de nombreuses années en faveur d'une journée d'hommage le 19 mars. Une quarantaine d'autres associations, qui revendiquent plus de un million de membres, défendaient en revanche la date du 5 décembre, officiellement retenue depuis 2003, pour rendre hommage aux victimes, mais qui ne correspond à aucun événement de la guerre d'Algérie.


Faire face à la France raciste 09.11.12 | 12:06 | M le magazine du Monde Louise Couvelaire


Le 1er novembre, à Toulouse, François Hollande et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lançaient un appel commun contre l'antisémitisme. AFP / BOB EDME

Campagnes contre l'islamophobie et le racisme, plan contre l'homophobie, appel conjoint de François Hollande et du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, contre l'antisémitisme, le 1er novembre à Toulouse... Pouvoirs publics et associations tirent la sonnette d'alarme. Et il y a de quoi. Toutes les études le montrent : les préjugés, qui étaient en recul depuis 2005, sont repartis à la hausse depuis deux ans. La crise économique n'est pas seule en cause. "Lorsque le politique se permet de raisonner en généralités sur tel ou tel groupe ethnique, cela contamine le débat public et favorise l'expression des préjugés", constate Jérôme Sainte-Marie, directeur du pôle Opinion de l'institut de sondage CSA, qui réalise chaque année une étude sur la tolérance des Français pour la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH).

Depuis 2010 et le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur l'immigration, les Français se montrent de plus en plus intolérants. La campagne présidentielle de 2012, marquée par une "ethnicisation" du discours politique, s'inscrit dans le même registre. "Jamais, durant la Ve République, une élection n'a été autant entachée par des propos racistes ou xénophobes, venant non seulement du FN mais aussi d'une partie de la droite, ce qui a fait sauter les verrous", souligne Sipa Réda Didi, délégué général de Graines de France, un groupe de réflexion qui a rendu le 30 octobre un rapport intitulé "Altérité, racisme et xénophobie dans les campagnes présidentielle et législatives de 2012". A l'heure où les tensions s'aggravent six fois plus d'actes de violence visant les musulmans par rapport à 2005 et hausse de 45 % des actes antisémites durant les huit premiers mois de l'année les initiatives pour lutter contre les discriminations se multiplient.

QUESTION D'AFFICHAGE

"Une opération de communication ne réglera pas le problème, et ce n'est d'ailleurs pas l'objectif, explique Alain Jakubowicz, président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) qui s'apprête pourtant à lancer une nouvelle campagne. Il s'agit seulement de continuer à montrer qu'il existe des citoyens militants prêts à se battre contre les préjugés." Question d'affichage, en somme. S'il est important de proclamer l'illégitimité du racisme, cela reste insuffisant. Voire contre-productif. "Il faut adopter une ligne plus agressive dans nos messages, moins gnangnan", insiste le président de la Licra. "Moins moralisatrice surtout, précise le sociologue Eric Fassin. La bonne conscience paraît toujours condescendante." Un véritable exercice d'équilibriste.

Le CCIF revisite "Le Serment du Jeu de paume" avec des citoyens portant voile ou kippa.  CCIF - COLLECTIF CONTRE L'ISLAMOPHOBIE EN FRANCE

La campagne "Nous sommes la Nation", lancée par le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) le 31 octobre, revisite le tableau du Serment du Jeu de paume du peintre Louis David, en mettant en scène des citoyens, hommes et femmes, dont certaines sont voilées. Une façon de bousculer les représentations. "On tend à s'imaginer que la France "historique" était blanche, mais c'est oublier les colonies !", poursuit le sociologue. "Il ne s'agit pas de changer les mentalités mais d'entamer un travail de déconstruction des préjugés et de montrer que l'histoire de France est faite de diversité", renchérit le porte-parole du CCIF, Marwan Muhammad. La campagne cible les politiques et cherche à exister sur la scène médiatique afin de les obliger à se saisir de la question et à se positionner.

Le ministère des droits des femmes vient d'ouvrir la voie. Le 31 octobre, Najat Vallaud-Belkacem a présenté un vaste plan destiné à lutter contre l'homophobie - qui prévoit notamment des formations dans l'éducation nationale, la magistrature, la police, les services de santé... "On sait aujourd'hui que la parole du politique a un impact direct sur les comportements,insiste Sipa Réda Didi, de Graines de France. C'est au gouvernement de prendre les mesures qui s'imposent, malheureusement rien est vraiment mis en oeuvre pour détricoter le mal qui a été fait pendant la campagne. La gauche reste en mode réactif." Peut-être trop timorée face à une droite décomplexée.


samedi 3 novembre 2012

Communiqué du Forum France-Algérie suite au bras d'honneur de M. Longuet sur le plateau de Public Sénat le 31 octobre 2012


 

Communiqué


Le Forum France-Algérie exprime sa consternation et sa profonde indignation suite au geste inqualifiable de Mr Gérard Longuet, sénateur de la Meuse et ancien ministre, le 31 octobre sur le plateau de la chaine télévisée Public Sénat.

Alors que la démarche du président de la République, dans la foulée de la reconnaissance de la tragédie du 17 octobre 1961, nourrit l'optimisme de ceux qui œuvrent depuis des décennies pour une réconciliation entre la France et l'Algérie, cet acte ignoble vient nous rappeler que certains milieux en France restent déterminés à empêcher un rapprochement et une normalisation des relations entre les deux pays.

Tout en saluant la réaction de Mr Jean-Pierre Bel, président du Sénat, le FFA condamne avec fermeté le comportement irresponsable et indigne d'un élu de la République et en appelle aux responsables de l'UMP (formation à laquelle appartient Mr Longuet) afin de se démarquer et de sanctionner cet acte grave.

Monsieur Longuet vient de se mettre hors-jeu et son geste d'humeur lui vaudra sans doute la seule place qu'il mérite, une place d'honneur dans les bêtisiers télévisés de fin d'année.

Paris, le 3 novembre 2012

Contact presse :
Dr Madjid Si Hocine
Porte parole du FFA
06 80 90 42 95



 










vendredi 2 novembre 2012

Gérard Longuet : un bras d'honneur mais aussi d'autres dérapages



Alors que de nombreuses personnalités ont été choquées par son bras d'honneur à la télévision, Gérard Longuet n'en est pas à son premier dérapage. Loin de là...


Publié le 2 novembre 2012
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Gérard Longuet a l'habitude des polémiques

Gérard Longuet a l'habitude des polémiques Crédit Capture écran

Abonné aux dérapages, Gérard Longuet ? Invité de l'émission politique Preuves par 3, surPublic Sénat/AFP, l'ancien ministre de la Défense a fait un bras d'honneur en réponse à une demande du gouvernement algérien exigeant que la France reconnaisse les "crimes " du colonialisme. Si le geste a suscité un tollé à gauche, le principal intéressé ne s'est pas excusé préférant même assumer. " C'est un geste de mauvaise humeur typiquement populaire " à propos d'un " sujet sensible pour moi ", a-t-il justifié dans un communiqué. Si la polémique a fait son chemin, Gérard Longuet a l'habitude de ce genre de scénario.

En effet, l'ancien chef des armées avait vu en Marine Le Pen " un interlocuteur " lors d'un entretien à l'hebdomadaire de droite radicale, Minute, en mai dernier. A l'époque, il avait même été critiqué dans son camp par Rama Yade, Rachida Dati voire Jean-Pierre Raffarin.

En 2010, il avait dénoncé la possible nomination de Malek Boutih à la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, la Halde, estimant que ce dernier n'appartenait pas " au corps traditionnel français ". Il avait encore une fois suscité l'indignation des associations anti-racistes jusque dans son parti.

En 2008, Gérard Longuet, alors sénateur de la Meuse, avait établi un lien entre homosexualité et pédophilie lors d'une audition du ministre de l'Education de l'époque, Xavier Darcos. Il avait alors rétorqué à ses détracteurs : "Ça ne me dit rien du tout. Je n'ai pas souvenir de ces propos. Mais qu'il y ait un lien entre homosexualité et pédophilie, ça peut arriver. Notamment dans des écoles catholiques, on a pu voir ça".

Aujourd'hui, l'ancien ministre de la Défense va tenter d'éteindre l'incendie qu'il a provoqué. Ce qui ne s'annonce pas simple...

Bras d'honneur de Longuet : "La droite française bête et méchante", pour l'Algérie


Le Monde.fr | 02.11.2012 à 13h51 • Mis à jour le 02.11.2012 à 23h32
"Droite française bête et méchante", "voyous" ou "réactions honteuses". Les responsables algériens, ont multiplié les qualificatifs dans la presse pour commenter le bras d'honneur de l'ex-ministre français de la défense Gérard Longuet, sur une repentance française envers l'Algérie.

Pour le Front de libération nationale (FLN, parti présidentiel), la réaction de M. Longuet "illustre parfaitement les actions de ce courant durant la colonisation, qui avait dans sa grande majorité soutenu les thèses développées par l'OAS", organisation extrémiste armée pour l'Algérie française. "On a toujours dit que cette droite française était bête et méchante. Elle est colonialiste dans l'âme", déclare le porte-parole du FLN, Aïssa Kassa, à El-Watan Week-End.

LE "MÉPRIS FRANÇAIS"

Pour Lakhdar Benkhellaf, porte-parole du Front pour la justice et la démocratie (islamiste radical), "ces réactions sont honteuses et sont une véritable insulte jetée à la face du peuple algérien. Les Français doivent savoir que nous ne nous contenterons pas de la reconnaissance partielle des massacres d'octobre 1961 faite par le président Hollande", affirme-t-il. Zohra Drif, combattante de la Libération et vice-présidente du Sénat, dénonce le "mépris" français : "J'ai toujours affirmé que la France coloniale était ce qu'il y avait de plus hideux."

Côté presse arabophone, les critiques vont bon train. "Les responsables politiques voyous de la droite française ont répondu de manière humiliante" à une demande de repentance, s'est insurgé en une le quotidien populaire Echorouk, évoquant un"geste abominable, inhumain" et un acte "irresponsable". M. Longuet a assumé son bras d'honneur jeudi 1er novembre, date du 58e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération, alors que l'Algérie célèbre cette année le cinquantenaire de son indépendance et attend une visite de François Hollande dans un mois.

Des jeunes fidèles à l'islam. L'" affirmation musulmane " se généralise chez les Français de 18-25 ans issus de l'immigration du Maghreb, du Sahel et de Turquie, montre une étude du sociologue Hugues Lagrange à paraître en 2013





ILLUSTRATION : ALINE BUREAU

L'" affirmation musulmane " se généralise chez les Français de 18-25 ans issus de l'immigration du Maghreb, du Sahel et de Turquie, montre une étude du sociologue Hugues Lagrange à paraître en 2013




" FRANÇAIS COMME LES AUTRES ? "

de Sylvain Brouard et Vincent Tiberj

(Presses de Sciences Po, 157 p., 12,50 €).

" BANLIEUE DE LA RÉPUBLIQUE "

de Gilles Kepel (Gallimard, 530p., 28,90 €).

" LE MULTI- CULTURALISME "

de Patrick Savidan (Que sais-je ?, 2011).

" GHETTO URBAIN. SÉGRÉGATION, VIOLENCE, PAUVRETÉ EN FRANCE AUJOURD'HUI "

de Didier Lapeyronnie (Robert Laffont, coll. " Le monde comme il va ", 2008).

SUR LE WEB

TRAJECTOIRES ET ORIGINES

Premiers résultats de l'enquête menée en 2008 par l'Insee et l'Institut national des études démographiques. http://teo.site.ined.fr


Les années passent et la France se sécularise. Selon un recoupement d'études récentes, s'ils étaient 80 % à se dire catholiques en 1966, ils ne sont plus que 51 % en 2007. Aujourd'hui, peu pratiquent : à peine 5 % vont régulièrement à la messe, des gens âgés. Si le protestantisme reste stable, revendiqué par 2,1 % des Français, comme la religion juive, 0,6 %, l'athéisme progresse. En 2012, 35 % de la population et 63 % des 18-24 a ns se disent " sans religion ".

Pendant ce temps, l'islam, seconde religion de France, a vu le nombre de ses fidèles doubler en France avec 2,1 millions de musulmans " déclarés " (3,2 % de la population) et 800 000 pratiquants, soit un tiers des immigrés venus de pays musulmans et de leurs descendants. Beaucoup sont français. Et les plus pratiquants sont les plus jeunes. Des études de Sciences Po en 2005 et du Pew Research Center en 2006 l'annonçaient. Le rapport de 2011 " Banlieue de la République ", du politologue Gilles Kepel, une enquête sur la jeunesse de Clichy-sous-Bois et Montfermeil (deux communes de Seine-Saint-Denis), hauts lieux des émeutes de l'automne 2005, le confirme. " Dans ces banlieues, dit Kepel, le grand récit fondateur de la France moderne selon lequel la nation était toujours capable d'intégrer a été mis à mal. La colère et l'islam se sont développés partout où la République a échoué. "

Bien sûr, la Clichy musulmane décrite par Kepel n'est pas toute la banlieue, et des enquêtes nuancent la montée de cette islamisation. La grande majorité de ces jeunes des cités espère réussir en France, s'inscrit sur les listes électorales, surfe sur Internet, baigne dans la culture mondialisée, développe des " sous-cultures " originales. Ils s'intègrent sans se dissoudre. Une étude du Pew Research Center de 2006 remarque que 72 % des Français musulmans ne ressentent pas " un conflit naturel entre le fait de pratiquer l'islam et le fait de vivre dans une société moderne ". Cela fait dire aux alarmistes que 28 % voient un conflit entre leur religion et les lois de la République. Ils ajoutent que ce sondage a déjà six ans.

Pour en avoir le coeur net, le sociologue Hugues Lagrange, directeur de recherche au CNRS, a croisé, pour une étude à paraître en 2013, les dernières grandes études sur la pratique de l'islam en France - les enquêtes de l'Institut national des études démographiques, " Trajectoires et origines " et " Mobilité géographique et insertion sociale " ; de l'Institut des sciences sociales du politique ; du WVS (World Values Survey) ; du Centre de recherches politiques de Sciences Po et du ministère de l'intérieur) - dont nous donnons ici les principaux résultats. Il constate que l'" affirmation musulmane " se généralise chez les Français de 18-25 ans issus de l'immigration du Maghreb, du Sahel et de Turquie. Ils respectent à 90 % les prescriptions alimentaires et le ramadan. La présence régulière à la prière atteint 30 % chez les 21-25 ans alors qu'elle est inférieure à 20 % pour les plus de 40 ans. Quant à " l'importance accordée à l'éducation religieuse ", comme au mariage religieux, elle augmente chez les 21-25 ans, plus encore chez ceux nés ou arrivés jeunes en France.

D'autres enquêtes confirment que de plus en plus de jeunes musulmans français se démarquent de la pratique discrète et intime de leurs parents. Depuis une dizaine d'années, certains développent un mode de vie " halal " ostensible, associé à des prescriptions morales. Parmi ceux-là, séduite par les salafistes - des piétistes radicaux qui seraient une dizaine de milliers en France d'après le sociologue Samir Amghar, de l'EHESS -, une minorité prône une " rupture islamique rigide " avec l'environnement européen, soupçonné d'aliéner son identité, ainsi que des normes fortes sur les moeurs, la sexualité, le comportement des femmes, le mariage entre musulmans, la virginité et les tenues des filles - sans oublier, selon Gilles Kepel et plusieurs autres, un antisémitisme et un antisionisme affirmés.

Hugues Lagrange résume ces tendances : " La résurgence des pratiques cultuelles et la religiosité augmentent chez les immigrés venus en France avant l'âge de 16 ans et chez les Français descendants d'immigrés, mais pas chez les immigrés arrivés à l'âge adulte. "

Ces enquêtes ont surpris. Jusque récemment, nombre de défenseurs de l'intégration et de la laïcité, des républicains, prédisaient que les nouvelles générations s'éloigneraient de l'islam. Or, l'inverse se produit. Cette réalité confirme " l'analyse classique ",remarque M. Lagrange, selon laquelle il existe une corrélation entre inégalité, échec scolaire, chômage durable, ségrégation et l'importance accordée à la religion : voir son avenir " terrestre " fermé renforce la croyance et le fait de pratiquer.

Cette corrélation a été confirmée par des enquêtes de sociologie de 2009 menées dans 28 pays, ainsi que par toutes celles qui, en France, depuis trente ans, ont bien décrypté les difficultés et les discriminations que rencontrent les enfants d'immigrés.

Mais ni le chômage ni les inégalités, ajoute Hugues Lagrange, ne suffisent à expliquer pourquoi les jeunes descendants d'immigrés, souvent français, se montrent plus religieux que les immigrés âgés et précarisés. D'autres facteurs jouent. Notamment culturels et interculturels. Ainsi, le fait que " le sentiment de relégation sociale " soit très sensible chez les secondes générations les éloigne de la culture européenne. De ses modes de vie, ses valeurs concernant les moeurs, la place des femmes, de son irréligiosité. Aussi, " les valeurs traditionnelles et familiales des pays d'origine en sont plus prégnantes et pérennes, et les jeunes en ressentent une forte exigence d'affirmer leur identité ". Faute de la trouver à l'école ou au travail, ils cherchent cette identité dans leur culture - et dans l'islam.

C'est ce que confirme l'enquête " Trajectoires et origines ", de l'Institut national d'études démographiques (INED) : les nouveaux Français " qui vivent dans les "quartiers immigrés" sont sensiblement plus religieux que ceux qui sont dispersés dans des "quartiers mélangés" ". Pourquoi ? Faute d'échanges interculturels, constate Lagrange. En plus d'un repli sur la religion, l'isolement réduit les contacts avec la population " majoritaire ", ce qui " limite le brassage des manières de vivre et des croyances ". De la même façon, l'enquête de l'INED montre que les enfants nés dans des couples mixtes, de plus en plus nombreux, sont moins religieux : " La dissonance du couple, la double culture, va dans le sens d'une moindre islamisation. " Lagrange ajoute enfin : " Pour les jeunes ayant réussi leurs études ou vivant loin des cités, l'islam est un islam d'Europe, plus moderniste, marqué par une foi plus personnalisée. " Il conclut, en sociologue webérien pour qui culture et données sociales s'entremêlent : " La religiosité est un élément de construction identitaire satisfaisante autant qu'une consolation. Cela suggère de ne pas se focaliser sur les seules perspectives de l'intégration et de l'assimilation et d'envisager les attitudes religieuses des immigrés et descendants d'immigrés comme des constructions culturelles, à la fois morales et politiques, éventuellement oppositionnelles. "

Ce n'est pas la première fois qu'Hugues Lagrange met en avant des facteurs culturels pour décrypter la vie des nouveaux arrivants. En 2010, le sociologue s'est fait connaître par un ouvrage au titre intriguant, Le Déni des cultures (Seuil), qui a soulevé une énorme polémique. Il s'agit d'une enquête quantitative, menée pendant sept ans auprès des familles africaines de cinq cohortes d'élèves de 11 à 17 ans des quartiers immigrés de la communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines, du 18e arrondissement de Paris et de Saint-Herblain, en banlieue nantaise. Lagrange y décrit dans le détail comment les rêves d'intégration des années 1960 ont été bafoués. Il raconte le chômage, l'entassement dans les logements, l'abandon des services publics, l'échec scolaire.

Mais le titre du livre indique que le sociologue aborde un sujet tabou : le lien entre la culture d'origine d'une personne, ses coutumes, sa religion, sa conception de la famille, des femmes, etc. et son parcours en France. Comment ces données jouent-elles dans la scolarisation, la réussite, la délinquance ? Une analyse du livre qui a choqué s'intéresse au nombre significatif d'" inconduites répétées " et d'échecs scolaires constatés parmi les jeunes et les très jeunes (avant 16 ans) originaires du Sahel (Sénégal, Mali, Mauritanie, Sud algérien, Niger). Le fait de vivre dans une famille nombreuse, parfois monoparentale, parfois polygame, où la mère a traditionnellement peu d'emprise sur les garçons, où le père se doit d'aider les siens restés au pays, ne facilite pas la scolarisation, constate Lagrange : le français est moins parlé qu'ailleurs, la concentration à l'étude n'est pas encouragée, le passage du village et ses coutumes à la banlieue joue dans la méconnaissance de l'école - peu d'enfants profitent d'un soutien scolaire et sont préscolarisés -, les phénomènes de bandes et de clans enrôlent les plus jeunes.

Bien sûr, les mentalités changent, il y a des réussites individuelles, ajoute Lagrange, mais on mesure l'importance des traditions sur la scolarisation quand on compare par exemple avec les familles asiatiques : " Plusieurs enquêtes montrent que les jeunes Chinois bénéficient d'habitudes familiales très exigeantes propices à la réussite scolaire, jusque dans les familles les plus modestes de serveurs et de plongeurs. "

Lagrange pense qu'une société de migration ne doit pas fermer les yeux sur les traditions culturelles des arrivants. Qu'elles soient acceptées ou réprimées, elles survivent toujours au coeur des sociétés d'accueil. " L'Histoire montre que la proscription des croyances induit un maintien des identités anciennes. Ainsi, dans l'Empire romain après Constantin, les cultes des divinités domestiques se perpétuent longtemps. Les juifs marranes se sont constitués après la terrible répression de l'Inquisition. Et les catholiques d'Ulster témoignent de la force imprimée aux identités minoritaires par l'hostilité, le mépris et la répression... "

Voilà pourquoi, au terme de son enquête, il conclut qu'il faut adapter les politiques d'intégration, propose la scolarisation précoce des enfants sahéliens et de donner du pouvoir aux mères (" empowerment ") par diverses mesures : microcrédit, économie solidaire, allocations indirectes. Il recommande aussi une politique d'incitation à la mixité sociale : construire des zones résidentielles avec les enfants d'immigrés " qui ont réussi " à proximité des cités où ils sont nés, reloger des familles dans des quartiers cosmopolites. Il préconise encore d'inciter fiscalement les entreprises à s'installer en banlieue et d'encourager les collectivités à investir dans les associations culturelles et sportives.

Il reprend par ailleurs l'idée d'une " discrimination méritocratique " des enfants des quartiers immigrés, défendue par l'historien et politologue Patrick Weil, et rappelle l'importance de former des imams respectueux de la République : la diffusion de l'islam modéré a fait reculer la délinquance dans des cités et les prisons. Selon Hugues Lagrange, il faut se méfier des politiques de la ville généralistes, considérer la pluralité des migrations, tenir compte des différences de bagage culturel, mener des politiques ciblées et volontaristes.

Revenons au titre du livre, Le Déni des cultures. Qui les dénie ? Les défenseurs de l'esprit républicain laïque, universaliste, qui rêvent d'intégrer les nouveaux venus sans tenir compte de l'importance du fait culturel et religieux dans l'histoire de l'immigration. Mais aussi une bonne part des collègues sociologues de l'auteur, de responsables politiques de gauche comme de droite ou de militants qui répètent à l'envi : si l'islam séduit les jeunes, c'est avant tout pour des raisons économiques, sociales, de discrimination . Les raisons culturelles ? Elles leurs semblent secondaires...

Lagrange prend largement en compte l'ostracisme social dans ses recherches, mais d'ajouter des facteurs culturels a valu à son livre une volée de bois vert. On trouve pas moins de dix articles à charge sur le site " Délinquance, justice et autres questions de société ", dont le rédacteur en chef, Laurent Mucchielli, est une figure de la sociologie de la délinquance et du racisme. Tous s'en prennent à l'approche de Lagrange. Pour eux, il enferme les immigrés et leurs enfants dans la cage de leurs traditions. Certains l'accusent de " racisme culturel ", car il sous-entendrait qu'ils sont incapables d'apprendre, de changer et de s'intégrer à la société européenne. Pour Laurent Mucchielli, insister sur les biais culturels, c'est accuser les immigrés de créer les problèmes qu'ils rencontrent tout en déniant les discriminations. Continue-t-il à critiquer Lagrange alors que les dernières enquêtes montrent l'essor des références islamiques - pour le moins culturelles - chez les jeunes ? Oui, dit-il au Monde : " En ciblant des ethnies et des pratiquants - les Sahéliens, les musulmans -, on les réduit à une définition, on trouve ce qu'on cherche, alors que tous ont des personnalités multiples, des vies plus riches. C'est très réducteur. "

Quant à l'importance que Lagrange accorde au poids des traditions autoritaires africaines et islamiques des pères et des frères sur les mères et les filles, d'autres sociologues la trouvent exagérée, rappelant que le patriarcat dominateur existe aussi dans la France profonde. Aors pourquoi tant insister sur celui des immigrés ?

Surpris et meurtri par ces tirs croisés, Lagrange s'est défendu, soutenu par plusieurs collègues, qui ont parlé de " lynchage ". Ils ont dénoncé un excès de sociologie néomarxiste empêtrée dans l'économisme, souvent marquée à l'extrême gauche, méconnaissant tout des courants des " études culturelles " et " interculturelles " vivaces dans les pays anglo-saxons depuis quarante ans, très attentives aux " sous-cultures "des jeunes immigrés, ce que Lagrange appelle un " nouveau syncrétisme " - qui est un champ important de recherche : par exemple, l'essor du mouvement halal en banlieue, que Gilles Kepel a étudié.

L'affaire Lagrange a pourtant fait bouger les lignes, d'autant que les données récentes sur l'islamisation des jeunes générations confortent sa réflexion, ainsi que celle des tenants de l'importance des études culturelles. Le sociologue Michel Kokoreff, professeur à Nancy-II, spécialiste des quartiers populaires et des phénomènes de bandes, a resitué l'enjeu du travail de son confrère dans un article de fond publié dans la revue La Vie des idées : " Il contribue à faire la sociologie de la société telle qu'elle est et non pas telle que nous voudrions qu'elle soit. " Ajoutant : " On sait les passions que suscite toute mise en cause de notre fameux modèle républicain d'intégration basé sur l'universalisme abstrait. "

C'est sans doute ce que beaucoup ne pardonnent pas à Lagrange et à d'autres chercheurs. Ils nous décrivent sans fard, avec nombre de romanciers, de cinéastes, de chanteurs, une société française irrémédiablement pluriethnique, multiculturelle, multiconfessionnelle. C'est le " creuset français ". Cela ne va pas sans confrontations et défis posés à la République. Ainsi, Vincent Tiberj, chercheur en sociologie de l'intégration, a été critiqué pour son enquête Français comme les autres ? (2005, coécrite avec Sylvain Brouard) sur les nouveaux citoyens d'origine maghrébine, africaine et turque. L'ouvrage montre qu'une grande majorité de la seconde génération se revendique comme française et valorise la réussite par le travail. Mais il montre aussi qu'elle diverge profondément des jeunes Français " majoritaires " sur trois domaines, très culturels : l'homophobie (deux fois plus répandue), les moeurs (endogamie, défense de la virginité avant le mariage, brutalité envers les filles), l'antisémitisme (39 % ont déclaré que " les juifs ont trop de pouvoir en France ", pour 20 % chez les autres). Vincent Tiberj, comme Lagrange, a été attaqué par des confrères lui reprochant de tirer des " conclusions péremptoires " d'échantillons mal définis. Quand on lui demande son avis, il répond: " Il faudrait continuer ce genre d'études, affiner les résultats. "

Ce n'est pas la première fois que des enquêtes pointent la montée de l'antisémitisme et du sexisme dans les banlieues. Mais qui l'étudie vraiment ? Beaucoup de chercheurs ont peur de stigmatiser les enfants immigrés. Ou de parasiter le phénomène majoritaire - la plupart s'intègrent bien. Ou de donner des arguments au Front national. En 2008, après une longue enquête, le sociologue Didier Lapeyronnie a décrit ce qu'il appelle un " ghetto français ", un " contre-monde " où vit une jeunesse ostracisée, " sans visage "sous les capuches, en butte au racisme, qui voit son existence filer sans la vivre. Alors, elle se révolte, mais aussi cherche des responsables et l'antisémitisme monte. Lapeyronnie en parle comme d'une forme de " socialisme des imbéciles " et de la misère, qui voit dans " le juif " son portrait à l'envers : riche, solidaire, communautaire, défendu par des droits, contrairement au jeune musulman.

Ces enquêtes permettent de mieux comprendre ce qui se joue, par exemple, dans l'inquiétante vague de tweets antisémites publiés avec le hashtag " #UnBonJuif " - plusieurs milliers d'utilisateurs - qui a déferlé sur le réseau social à la mi-octobre. Ou encore quand la police arrête en Seine-et-Marne une cellule radicale qui s'apprêtait à commettre des assassinats ciblés de juifs, révélant que l'assassin de Toulouse, Mohamed Merah, capable de tirer à bout portant sur des enfants juifs, n'est pas un fou isolé.

Le démographe Patrick Simon, un des directeurs de l'INED, a aussi été très critiqué par nombre de ses pairs pour avoir défendu l'usage prudent des " statistiques ethniques "afin de mieux identifier les trajectoires des migrants en France. Démarche raciste, dangereuse, qui rappelle la France de Vichy, a-t-on entendu. Mais pour Patrick Simon, le débat est dépassé et la France pluriethnique continue de progresser, bon an mal an. Lui aussi s'intéresse aux enquêtes interculturelles, " si peu citées dans la presse française ", qui décrivent sans détour la cohabitation des populations, les succès et les échecs.

" Les politiques devraient s'intéresser à ces études plutôt que de jeter de l'huile sur le feu, comme l'a fait Copé en réduisant le ramadan au vol d'un pain au chocolat ", dit M. Simon, qui a enquêté à Belleville (Paris 19e et 20e). La sociologue Véronique De Rudder, fondatrice de Remisis (site consacré aux relations interethniques), s'est penchée, elle, sur le marché d'Aligre (Paris 12e). Ce sont des quartiers où les minorités vivent côte à côte, travaillent, commercent, qu'il s'agisse de chinois, juifs, maghrébins, nouveaux Français, autochtones. Ces études montrent comment les gens s'arrangent avec leurs coutumes, passent des compromis, se bagarrent aussi. Ces quartiers ne sont pas à feu et à sang, les restaurants et les marchés continuent. On cohabite, même si c'est compliqué parfois.

Vivre dans une société multiconfessionnelle oblige notre démocratie laïque à défendre la tolérance tout en surveillant l'extension du domaine religieux - ce qu'on appelle au Canada les " accommodements raisonnables " entre la République et la diversité. Nous sommes loin d'aborder ces domaines de façon dépassionnée, regrette le philosophe Michel Terestchenko, auteur d'Un si fragile vernis d'humanité. Pour lui, " on assiste en France à un vrai blocage intellectuel sur ces questions. Nous préférons l'affrontement déraisonnable, crier au "communautarisme",attaquer l'islam en général, plutôt que de réfléchir à la manière de vivre ensemble en se respectant, passant des compromis, et trouvant des consensus ".

Frédéric Joignot

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mercredi 31 octobre 2012

Avec l'expulsion d'un imam, Valls prône la fermeté contre l'islam radical 31.10.12 | 21:01 | Le Monde.fr avec AFP

Manuel Valls, le 31 octobre à Paris. AFP/MIGUEL MEDINA

L'imam tunisien Mohammed Hammami, accusé d'appel au"djihad violent" et à la violence contre les femmes, ainsi que d'antisémitisme, a été expulsé de France mercredi 31 octobre, a annoncé le ministère de l'intérieur. La demande d'expulsion avait été faite par l'ancien ministre de l'intérieur Claude Guéant, dès le début de l'année 2012, puis finalement repoussée après l'élection présidentielle

"Nous avons décidé d'être intransigeants à l'égard de tous ceux qui profèrent des discours de haine à l'égard de la République et de nos valeurs et de procéder à l'expulsion de responsables, de militants religieux qui prônent un islam radical", a déclaré M. Valls à la presse. "Il ne peut pas y avoir de place dans la République, dans notre pays pour ces discours qui salissent l'islam de France, deuxième religion de notre pays qui a toute sa place dans notre pays", a-t-il insisté.

"PROVOCATIONS DÉLIBÉRÉES, RÉPÉTÉES ET INACCEPTABLES"

L'imam Hammami, 77 ans, installé en France depuis plusieurs décennies, était le responsable religieux de la mosquée Omar, située dans le 11e arrondissement de Paris, où selon des témoins il officiait ce vendredi pour l'aïd el-khebir. Il était une figure connue de l'association Foi et pratique, liée au mouvement piétiste missionnaire du Tabligh.

Il a été arrêté devant son domicile, à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) par la police aux frontières (PAF), puis expulsé par avion pour Tunis, a-t-on appris au ministère de l'intérieur. "En application d'un arrêté du 8 octobre 2012, précise le ministère dans son communiqué, l'imam Mohamed Hammami a été éloigné vers la Tunisie, pays dont il est ressortissant", à la suite de"provocations, délibérées, répétées et inacceptables à la discrimination et à la violence".

"UNE SITUATION PARTICULIÈREMENT TENDUE"

Selon M. Valls, les propos de l'imam, "marqués par l'antisémitisme, l'appel au djihad et un discours dégradant à l'égard de la femme (...) étaient inacceptables". Il a précisé que l'imam "a[vait] déjà fait l'objet de mesures de surveillance, voire de mesures d'expulsion". Il "était connu et ma responsabilité et celle du gouvernement, c'est d'agir".

M. Valls a évoqué Mohammed Merah et le coup de filet contre une cellule islamiste soupçonnée d'une attaque antisémite à Sarcelles,"particulièrement dangereuse""Je vous rappelle que sans doute dans un certain nombre de nos quartiers, plusieurs dizaines d'individus qui sont dans ce processus de radicalisation, parfois à travers un passage en prison ou à travers Internet ou par la fréquentation de mosquées ou de centres religieux qui ne respectent pas nos valeurs, peuvent succomber au radicalisme et demain agir sur notre sol", a-t-il insisté. "Tout ça amène une situation particulièrement tendue qui nécessite une réponse très claire, très nette, de la République et de l'Etat", a déclaré le ministre de l'intérieur.