Harlem Désir, futur patron du Parti socialiste a "condamné avec la plus grande fermeté" les propos de Christian Jacob, selon lequel il est "intolérable de mettre en cause la police républicaine et la République toute entière" en reconnaissant les événements du 17 octobre 1961.
Le chef de file des députés UMP, M. Jacob a estimé, à propos des déclarations de François Hollande sur la répression "sanglante" de la manifestation d'Algériens à Paris le 17 octobre 1961, qu'il était "intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République toute entière".
"Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté les propos consternants et odieux de Christian Jacob, qui critique la reconnaissance par le président de la République de la répression du 17 octobre 1961", a affirmé M. Désir, dans une déclaration à l'AFP.
"Par ses propos, M. Jacob se fait l'avocat indécent d'une répression qui a enfreint, ce soir du 17 octobre 1961, toutes les valeurs et toutes règles fondamentales de la République", estime-t-il.
Or "depuis l'ouverture des archives officielles, les historiens ont établi l'ampleur de la répression meurtrière des manifestations pacifiques d'Algériens conduite sous les ordres du préfet Maurice Papon", affirme-t-il.
Selon le futur patron du PS, "M. Jacob offre surtout au préfet Maurice Papon une terrifiante réhabilitation et se livre à une falsification insupportable de l'Histoire".
M. Hollande "a, sans repentance mais avec lucidité, reconnu une vérité historique. Au lieu de saluer un geste important de réconciliation (...), l'UMP imite l'extrême droite et allume une nouvelle polémique irresponsable pour diviser nos concitoyens. C'est une attitude totalement indigne", estime-t-il.
M. Désir a enfin jugé "tout aussi inquiétant de voir M. Fillon remettre en cause la reconnaissance des crimes de Vichy".
Fin septembre, M. Fillon, candidat à la présidence de l'UMP, a dit ne pas accepter "que François Hollande dise que la France est coupable des crimes commis pendant l'Occupation", soulignant que "l'Etat français" est le coupable et non "la France" comme l'avait déclaré M. Hollande au sujet de la rafle du Vel d'Hiv.
Pour Bruno Le Roux, patron des députés PS, "reconnaître les fautes de l'Etat dans la répression du 17 octobre 1961, comme l'a fait le président de la République, n'est pas demander à la France et aux Français de s'excuser ou de porter une culpabilité collective mais simplement de se souvenir que la République peut faillir à ses principes quand elle est guidée par la peur et le ressentiment".
"Ce message vaut pour toutes les époques et pour toutes les générations, y compris la nôtre", écrit-il dans un communiqué.
Jean-Marc Ayrault, interrogé par RTL sur la polémique autour de l'anecdote du pain au chocolat arraché "par des voyous" à un enfant sous prétexte de ramadan, citée par Jean-François Copé, a déclaré"ne pas accepter la méthode" du numéro un de l'UMP.
"Ce n'est pas en stigmatisant, en diabolisant qu'on sortira des problèmes de la France", a affirmé le premier ministre dans un entretien diffusé dimanche 7 octobre par RTL. "Moi je n'accepte pas la méthode de Copé qui rappelle trop les cinq années que nous venons de passer. La France, confrontée à tant de difficultés, ne les surmontera pas si elle n'est pas capable de se rassembler autour de l'essentiel".
"Il y a beaucoup de progrès à faire pour le vivre ensemble dans notre société", a ajouté M. Ayrault."Ca existe des comportements communautaristes", a-t-il dit mais "ce n'est pas en diabolisant, en stigmatisant qu'on sortira des problèmes de la France". Il estime que c'est "en tenant un discours républicain exemplaire qu'on pourra ramener, là où la République a reculé, les choses dans la bonne direction".
RAILLERIES
Jean-François Copé a suscité samedi une nouvelle polémique, après celle sur le "racisme anti-blancs", en évoquant l'arrachage de pains au chocolat "par des voyous" sous prétexte de ramadan, s'attirant une volée de critiques entre ironie et indignation.
Vendredi, dans le Var, à Draguignan, le candidat à la présidence du premier parti d'opposition avait lancé :"Il est des quartiers où je peux comprendre l'exaspération de certains de nos compatriotes, pères ou mères de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils s'est fait arracher son pain au chocolat par des voyous qui lui expliquent qu'on ne mange pas pendant le ramadan".
Ses dires ont déchaîné les tweets railleurs : "J'ai trouvé un surnom pour JF Copé: Le Pen au chocolat", écrit un utilisateur du réseau social. "Jean-François a encore Copé la parole à Marine", ironise un autre. Harlem Désir, premier secrétaire par intérim du PS, s'est aussi fendu d'un tweet : "M. Copé se ridiculise avec son histoire de pain au chocolat. Le congrès UMP n'excuse pas de brader cyniquement toute dignité républicaine".
Pour le PCF, Jean-François Copé a "sans doute dû se faire voler son goûter par un plus grand que lui dans la cour de récréation". "Nous vous enverrions bien au piquet, mais vos propos sont autrement plus graves que cela. Ils sont une insulte à la République et à la laïcité", dit le parti communiste.
GRAVITÉ
Le ton était à la gravité en revanche chez la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, qui a dénoncé dans le député-maire de Meaux une"volonté manifeste d'instrumentaliser le vivre ensemble". "Le jour où il voudra s'exprimer sereinement au lieu de chercher à exploiter les peurs et les fantasmes, alors je serai prête à l'écouter", a ajouté la ministre.
Le président de l'Observatoire contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, a accusé le responsable UMP de"virer à l'extrême droite". "Il veut faire plaisir aux extrémistes de son parti, et comme d'habitude, il faut taper sur les musulmans et les jeunes des quartiers". La Licra a parlé de "dérive atterrante".
Samedi, toujours dans le Var mais à Fréjus, M. Copé a expliqué avoir voulu décrire "des petites scènes du quotidien qui sont autant de petites blessures, de petites souffrances qui, parfois, sont plus grandes qu'on ne le croit". Pour M. Copé, "il y a derrière ce type de comportements une volonté d'instrumentaliser les religions alors que les religions n'ont rien à voir avec tout cela lorsqu'elles sont pratiquées dans le cadre de la République. Elles sont toutes respectables".
Interrogé sur les réactions suscitées par ses propos, M. Copé a répondu que s'il y avait "émoi", il venait de"la gauche bien pensante qui, comme d'habitude, donne des leçons sans jamais voir ce qui se passe sur le terrain". De même ses soutiens à l'UMP (la députée Michèle Tabarot, les secrétaires nationaux Camille Bedin, Bruno Beschizza, Valérie Rosso-Debord) se sont mobilisés, multipliant les communiqués contre une "polémique complètement stérile et révélatrice de la langue de bois et du politiquement correct ambiants".
L'ancien ministre du Budget avait déjà suscité d'âpres débats en évoquant, dans son livre "Manifeste pour une droite décomplexée" un "racisme anti-blanc"sévissant dans certains quartiers difficiles.
Jean-François Copé est l'objet de vives critiques à gauche... comme à droite. La cause ? Le secrétaire général de l'UMP a suscité une nouvelle polémique, aprèscelle sur le "racisme anti-Blancs", en racontant que des "voyous"arrachaient les pains au chocolat d'enfants pendant le ramadan.
Vendredi, dans le Var, à Draguignan, le candidat à la présidence du premier parti d'opposition a lancé : "Il est des quartiers où je peux comprendre l'exaspération de certains de nos compatriotes, pères ou mères de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils s'est fait arracher son pain au chocolat par des voyous qui lui expliquent qu'on ne mange pas pendant le ramadan."
Après des tweets moqueurs et des réactions indignées à gauche, des condamnations des propos du maire de Meaux ont été entendues de soutiens de François Fillon, le rival de M. Copé dans la course à la présidence de l'UMP.
"Je préfère, aux paroles fortes, les actes forts", a déclaré, lundi 8 octobre, Eric Ciotti, directeur de campagne de M. Fillon. "Il y a des points naturellement exacts" dans la dénonciation de M. Copé, a jugé sur Canal + le président du conseil général des Alpes-Maritimes. Mais "est-ce qu'il faut ne parler que de ça pendant une campagne qui a vocation à choisir le chef de l'opposition et donc à conduire l'alternance ? C'est une autre question", a poursuivi le député, soulignant : "Nous nous disons que pour gagner, il faut rassembler."
"UNE ERREUR D'ANALYSE"
Plus cinglant, François Baroin, qui vient de rallier M. Fillon, a jugé dimanche, à propos de l'anecdote relatée par Jean-François Copé, que "toutes ces petites phrases sont toxiques et dangereuses".Insistant sur le"refus"de l'UMP"de tous les extrémismes", M. Baroin a fait valoir sur France 2 que les propos de M. Copé "altèrent le pacte républicain"."C'est une erreur d'analyse", a-t-il tranché.
"Certains pensent que Nicolas Sarkozy est remonté[sur François Hollande dans la dernière ligne droite de la présidentielle] avec ce type de discours[droitier], ce n'est pas vrai", a affirmé M. Baroin, qui a rappelé être "un chiraquien, un humaniste". Pour l'ex-ministre,"ce sont des discours de minoritaires"alors que l'UMP"a vocation à rassembler la droite et le centre".
L'ancien premier ministre, Alain Juppé, a également désapprouvé les propos de M. Copé, jugeant qu'ils n'allaient pas "dans la bonne direction". "Il faut remettre un peu les choses en perspective et ne pas en faire un sujet de polémique partisane et politicienne", a recommandé l'ancien numéro un de l'UMP lors du "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI.
Il a jugé que, dans le duel entre Jean-François Copé et François Fillon, il était "en train de se passer ce qu'[il] redoutait : la logique de la campagne électorale fait qu'on cherche à se distinguer de son adversaire et qu'on durcit le ton". Pour autant, le maire de Bordeaux a précisé qu'il ne veut pas en "faire tout un plat et donner des leçons de morale".
"POLÉMIQUE COMPLÈTEMENT STÉRILE"
Dans le camp de M. Copé, Christian Jacob a réfuté l'analyse de M. Baroin. Le chef de file des députés UMP et soutien de M. Copé a fait valoir que le maire de Meaux "s'appuie sur les témoignages qu'il a recueillis dans sa ville de Meaux mais aussi ailleurs en France", a-t-il dit, en soulignant que son candidat à la présidence du parti considérait que "toutes les religions sont respectables" si elles s'inscrivent "dans la République.
Samedi, toujours dans le Var mais à Fréjus, Jean-François Copé a expliqué avoir voulu décrire"des petites scènes du quotidien qui sont autant de petites blessures, de petites souffrances qui, parfois, sont plus grandes qu'on ne le croit".
Pour M. Copé, "il y a derrière ce type de comportements une volonté d'instrumentaliser les religions alors que les religions n'ont rien à voir avec tout cela lorsqu'elles sont pratiquées dans le cadre de la République. Elles sont toutes respectables."Interrogé sur les réactions suscitées par ses propos, M. Copé a répondu que s'il y avait "émoi", il venait de"la gauche bien pensante qui, comme d'habitude, donne des leçons sans jamais voir ce qui se passe sur le terrain".
De même ses soutiens à l'UMP (la députée Michèle Tabarot, les secrétaires nationaux Camille Bedin, Bruno Beschizza, Valérie Rosso-Debord) se sont mobilisés, multipliant les communiqués contre une"polémique complètement stérile et révélatrice de la langue de bois et du politiquement correct ambiants".
Jean-François Copé, le 27 septembre. AFP/DENIS CHARLET
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a annoncé mercredi soir qu'il maintenait la plainte pour diffamation contre Jean-François Copé après ses propos sur le "pain au chocolat", qui ont "fortement heurté" les musulmans.
Candidat à la présidence de l'UMP, Jean-François Copé avait évoqué récemment lors d'un meeting à Draguignan le cas d'un jeune qui se serait fait "arracher son pain au chocolat par des voyous" au motif"qu'on ne mange pas au ramadan". M. Copé avait ensuite écrit au président du CFCM, Mohammed Moussaoui, pour "s'étonner" que le CFCM l'attaque en diffamation pour ses propos jugés "islamophobes", soulignant qu'il s'agissait pour lui de "dénoncer des attitudes déplorables" n'ayant rien à voir avec l'islam.
"POURSUIVRE CET ÉCHANGE"
Réuni mardi soir, le bureau exécutif du CFCM a étudié le courrier de M. Copé. "Les membres du bureau regrettent que ce courrier, par sa teneur, n'ait pas été l'occasion d'apaiser les sentiments des musulmans fortement heurtés par vos propos", écrit Mohammed Moussaoui dans une lettre envoyée mercredi à M. Copé, dont l'AFP a eu copie. Ces propos ont été"dénoncés par de nombreux hommes politiques de différentes tendances, des responsables religieux de différentes confessions ainsi que de nombreux citoyens épris de paix et attachés à notre vivre-ensemble", rappelle le président du CFCM.
Il souligne que "les musulmans de France ont été choqués de voir le jeûne du ramadan, pratique religieuse musulmane très respectée, associé d'une manière caricaturale, comme vous l'avez malheureusement fait, à un acte dont la véracité reste à vérifier"."Dans ces conditions, le CFCM a décidé de maintenir la plainte" pour diffamation, ajoute M. Moussaoui. Il précise que les membres du bureau exécutif sont "disposés" à rencontrer M. Copé "afin de poursuivre cet échange dans la franchise et le respect mutuel".
L'avocate du CFCM avait indiqué la semaine dernière avoir déposé plainte à Nîmes. Selon le texte de la plainte transmis à l'AFP, les"propos stigmatisants" de Jean-François Copé "portent nécessairement atteinte à l'honneur et à la dignité de la communauté musulmane".
Des anciens combattants harkis participent à une cérémonie officielle devant le monument aux morts de Mas-Thibert à Arles, le 25 septembre 2011, lors de la Journée nationale d'hommage aux harkis. | AFP/GERARD JULIEN
A l'occasion de la journée nationale d'hommage aux harkis, les anciens supplétifs de l'armée française en Algérie, mardi 25 septembre, le ministre délégué aux anciens combattants, Kader Arif, doit présider une cérémonie aux Invalides au cours de laquelle il va lire un message du chef de l'Etat, en déplacement à New York. Début avril, François Hollande s'était engagé, s'il était élu à la présidence de la République, à"reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil des familles transférées dans des camps en France". Il avait également affirmé son intention "d'assurer aux harkis et à leurs descendants la reconnaissance de la République".
L'historien Nicolas Lebourg, qui publie en décembre avec Abderahmen Moumen L'Histoire du camp de Rivesaltes (Trabucaire), en novembre avec Joseph Beauregard Les Numéros deux du Front national(Nouveau Monde), commente la place qu'occupent aujourd'hui les harkis dans le champ politique en France.
Qu'attendent aujourd'hui les harkis de l'Etat français ?
Outre une réparation matérielle, les harkis demandent une reconnaissance morale pleine et entière de leur tragédie. Ce qui est compliqué, c'est qu'au fil des années, les associations ont fétichisé le chiffre de 150 000 personnes assassinées. Les travaux historiques, eux, parlent de 10 000 à 70 000 morts.
Même si la qualification d'un "génocide" se fait en fonction de critères juridiques, pas d'un nombre de morts, c'est compliqué pour l'Etat de reconnaître autre chose qu'un "massacre".
Une reconnaissance de leurs difficultés d'installation et d'accueil en France après l'indépendance de l'Algérie serait déjà une première chose pour eux. Il faudrait un grand discours du président de la République. Aujourd'hui, ils ne seront évidemment pas satisfaits par le discours de Kader Arif, le ministre délégué aux anciens combattants.
Nicolas Sarkozy a pourtant reconnu officiellement la "responsabilité historique" de la France dans l'abandon des harkis lors d'un discours à Perpignan le 14 avril...
Une semaine avant le premier tour de l'élection présidentielle, cette reconnaissance n'avait pas été ressentie comme sincère. Le côté "à la va vite" n'est pas très bien passé. Même s'ils étaient contents des mots employés, ils n'ont pas été dupes et se sont dits : "on nous utilise encore..."
Nicolas Sarkozy a fait des harkis un usage proche de celui qu'en fait le Front national : il les a utilisés à la fois comme un symbole de nationalisme et comme une manière de se dédouaner de toute islamophobie. En disant : "Il y en a qui ont mérité leur nationalité par le sacrifice du sang", il sous-entend que d'autres non...
Est-ce pertinent d'aborder la question harkie par le biais de la religion ?
La religion est un très mauvais prisme pour parler des harkis même s'ils furent à une époque officiellement désignés comme "Français musulmans". Les années 2010 sont caractéristiques de cette confusion des engagements politiques, religieux, communautaires... On a ethnicisé les questions sociales et confessionalisé les questions ethniques. L'histoire des harkis est politique et on la ramène à une question ethnique et confessionnelle.
Pourquoi la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français était-elle impossible avant les années 2010 ?
Il y a eu un déplacement de mémoire. Après l'obsession de Vichy, la société française a fini par se saisir des questions liées à la décolonisation. On a aussi fini par admettre qu'il y avait eu une guerre d'Algérie, pas des "événements". Pour autant, il y a toujours une mauvaise conscience de la France par rapport à ce sujet.
C'est d'ailleurs révélateur que le Front national se soit saisi de cette question. De façon générale, ce parti accompagne et révèle les angoisses et les crispations de la société française. Jean-Marie Le Pen parlait de la seconde guerre, sa fille parle des harkis.
De combien de personnes parle-ton ?
C'est compliqué à dire. Les harkis, les supplétifs et leurs familles, sont environ 80 000 à avoir été admis en France. Aujourd'hui, nous en sommes à la troisième génération, c'est-à-dire de gens nés en France. En comptant les descendants, les pouvoirs publics parlent de quelque 500 000 personnes mais ce n'est pas facile à calculer exactement.
Est-ce qu'il y a une homogénéité de la communauté harkie ?
Les harkis sont représentés par un grand nombre d'associations et n'ont pas de porte-parole unique. Cette fragmentation s'explique par leur division géographique à leur arrivée en France, par le fait que ce sont des individus avec diverses origines ethniques, divers statuts sociaux, non une communauté en soi. Alors que nous arrivons aux deuxièmes ou troisièmes générations, la mémoire unifie plus que ne l'avait fait l'histoire.
Les harkis sont-il un enjeu électoral entre l'UMP et le FN ?
Il y a l'idée que les harkis sont des milieux faciles pour le FN. Si ce parti y fait de bon score [une étude du Cevipof avait montré que Marine Le Pen était créditée de 28 % des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle], il n'est pas hégémonique pour autant. Mais la communauté harkie représente un fragment électoral auquel il est facile de s'adresser.
Il y a les électeurs harkis et ce qu'ils représentent...
Les harkis sont un concentré de symboles efficaces qui parlent à toute la France. Chacun vient y chercher la preuve de son patriotisme.
Pour Marine Le Pen, les harkis sont un symbole parfait. Parler d'eux lui permet à la fois d'être patriote, de s'inscrire dans l'histoire de France, d'aviver le souvenir de l'Algérie française, de "péjorer" les partis de droite descendants des gaullistes et enfin de se dédouaner de toute forme d'islamophobie.
Est-ce que l'UMP, héritière du gaullisme, est gênée pour parler de la question harkie ?
C'est un peu délicat pour eux. Gérard Longuet, au passé pourtant très droitier, s'est par exemple fait siffler l'année dernière lors de l'inauguration d'un lieu consacré à la mémoire de la guerre d'Algérie.
Et pour la gauche ?
La gauche a longtemps été très peu douée pour parler aux rapatriés, qu'elle associait maladroitement à l'OAS... Mais par clientélisme électoral, à un échelon local, elle a fait des progrès depuis quelques temps... Au niveau national, François Hollande a l'air d'être conscient de la nécessité d'apaiser cette guerre des mémoires.
Les massacres de Sétif, le 8 mai 1945. CAPTURE ÉCRAN DE L'INA
"Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes." En trois phrases d'un communiqué publié mercredi 17 octobre, François Hollande a répondu à cinquante et un ans d'attente des Algériens et Français d'origine algérienne. Il y a un an, celui qui était encore candidat à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle s'était engagé à reconnaître la responsabilité de la France dans la mort de plusieurs dizaines d'Algériens, un an avant l'indépendance de leur pays.
Le 11 octobre 1961 est ainsi devenu pour la France une nouvelle étape sur la voie de la repentance vis-à-vis de périodes sanglantes de son histoire.
1995 : Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France dans la Shoah
Jacques Chirac a terminé ses douze années à l'Elysée en rendant hommage aux Justes, ces hommes et ses femmes qui avaient sauvé des Juifs au péril de leur vie. Il avait commencé son premier mandat en reconnaissant la responsabilité de l'Etat français dans les crimes commis pendant l'Occupation.
C'était le 16 juillet 1995, jour anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv. Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 personnes, dont 4 115 enfants, avaient été arrêtées par la police française, lors de la plus grande rafle de Juifs en France pendant la seconde guerre mondiale. Plus de 8 000 d'entre elles sont enfermées pendant quatre jours dans le Vélodrome d'Hiver, à Paris, avant d'être envoyées dans des camps d'extermination en Pologne.
Lors d'une allocution devenue célèbre, le président Chirac a évoqué les "heures noires qui souillent à jamais notre passé"ainsi que "la folie criminelle de l'occupant secondée, comme chacun sait, par des Français, par l'Etat français".
Son prédécesseur, François Mitterrand, s'était toujours refusé à reconnaître la responsabilité de la France au motif que le régime de Vichy ne saurait être confondu avec la République. "En 1940, il y eut un Etat français, c'était le régime de Vichy, ce n'était pas la République. Et c'est à cet Etat français qu'on doit demander des comptes. Ne demandez pas de comptes à cette République, elle a fait ce qu'elle devait !", répondait-il à la presse en 1992, quand le Comité Vél d'Hiv 42 enjoignait au chef de l'Etat de reconnaître les torts de la France.
2005 : le massacre de Sétif, une "tragédie inexcusable"
Ce qui ne devait être qu'un déplacement protocolaire de l'ambassadeur français en poste à Alger s'est transformé en événement. Le 27 février 2005,Hubert Colin de Verdière déclare à Sétif : "Je me dois d'évoquer une tragédie qui a particulièrement endeuillé votre région. Je veux parler des massacres du 8 mai 1945, il y aura bientôt soixante ans : une tragédie inexcusable."
C'est la première fois qu'un représentant officiel de la République reconnaît la responsabilité de cette dernière dans la sanglante répression d'une manifestation nationaliste, dans cette ville située à 300 kilomètres à l'est d'Alger. Le bilan précis n'a pas pu être établi. Les historiens parlent de 8 000 à 15 000 morts ; les autorités algériennes de 45 000 victimes. Les services secrets américains évoquaient, eux, 17 000 morts et 20 000 blessés. Seul est connu aujourd'hui avec certitude le nombre de morts côté européen : 86 civils et 16 militaires.
2010 : reconnaissance des victimes d'essais nucléaires
Essai nucléaire français, à Mururoa , en 1971. AFP
En trente-six ans d'essais nucléaires entre 1960, dans le Sahara algérien, et 1996 dans le Pacifique , la France a fait exploser deux cent dix bombes nucléaires.
Le dernier essai nucléaire français, le 27 janvier 1996, à Fangataufa, en Polynésie française :
Peu à peu, les milliers de victimes de ces essais, anciens militaires ou habitants des zones concernées, sont parvenus à faire entendre leur voix. Mais officiellement, leur maladie n'était pas reconnue comme "radio-induite" par la Sécurité sociale et elles ne pouvaient prétendre à aucune indemnisation.
L'Etat a fini par reconnaître les dégâts de la radioactivité dégagée par les bombes nucléaires avec la loi "relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français",adoptée le 6 janvier 2010. Cette dernière crée le Comité d'indemnisation des victimes d'essais nucléaires, chargé d'examiner les demandes. Mais les victimes dénoncent désormais le trop faible nombre d'indemnisations : en février, sur 684 dossiers déposés, seuls 4 avaient reçu un avis favorable, pour des réparations allant de 16 000 à 60 000 euros.
Si les accords d'Evian du 18 mars 1962 ont été le prélude à l'indépendance algérienne, quatre mois plus tard, ils ont également engendré les sanglantes représailles des combattants algériens envers 50 000 à 75 000 harkis, le nombre variant selon les historiens. Ces natifs d'Algérie qui ont combattu aux côtés de l'armée française ont été abandonnés par celle-ci. Seuls 60 000 d'entre eux ont été admis en France, logés dans des camps de fortune dans le sud du pays, dont le plus important à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales).
C'est cette responsabilité que la France a refusé de reconnaître, malgré les demandes des harkis. La reconnaissance n'est intervenue que le 14 avril par la voix de Nicolas Sarkozy, une semaine avant le premier tour d'une élection présidentielle qui verra le chef de l'Etat défait contre François Hollande. "La France se devait de protéger les harkis de l'Histoire. Elle ne l'a pas fait. C'est cette responsabilité que je suis venu reconnaître", a déclaré M. Sarkozy, en déplacement à Perpignan.
Si la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la répression de la manifestation du 11 octobre 1961 est un pas supplémentaire vers l'apaisement des relations franco-algériennes, une question majeure reste encore en suspens. La France n'a pour l'instant jamais reconnu l'usage de la torture par l'armée française lors de la guerre d'Algérie, entre 1954 et 1962 période officiellement appelée "événements d'Algérie" jusqu'en octobre 1999.
François Hollande le 17 octobre à l'Elysée. AFP/BERTRAND LANGLOIS
On peut ne pas partager mécaniquement l'enthousiasme de certains pour la "repentance" exprimée de temps à autre par de vieilles puissances coloniales à l'adresse de leur passé.
On peut lutter résolument contre la prétention de l'Etat, qu'il s'agisse d'un gouvernement ou du législateur, à dire l'histoire. Et, de ce point de vue, nombre de lois "mémorielles" sont critiquables, aussi bien intentionnées soient-elles.
On peut aussi se méfier de cet exercice, gratifiant mais facile, qui consiste à se situer, des dizaines d'années plus tard, du bon côté d'un événement que l'on n'a pas vécu et dont le temps a fini par dissiper la complexité.
On peut penser tout cela, et pourtant saluer le geste qu'a eu François Hollande, mercredi 17 octobre : il a reconnu pour la première fois la responsabilité de l'Etat dans la répression du 17 octobre 1961 à Paris. Il faut féliciter le président pour l'hommage ainsi rendu à la mémoire des victimes d'un des épisodes les plus sinistres de la guerre d'Algérie qui n'en manque pourtant pas, d'un côte comme de l'autre.
Ce jour-là, des dizaines de milliers d'Algériens manifestent à Paris et dans sa banlieue pour dénoncer le couvre-feu auquel ils sont soumis. A l'initiative du président, Charles de Gaulle, la France négocie déjà l'indépendance de l'Algérie avec le Front de libération nationale algérien (le FLN). C'est une période de troubles politiques graves.
Interdite, la manifestation est des plus pacifiques. Mais la police, sous les ordres du préfet Papon, va se livrer à une gigantesque ratonnade. Elle rafle, tabasse et tue. Quelques historiens tenaces ont cherché à établir le nombre des morts : leurs estimations vont de 40 à 250 sous les coups, par balles ou jetés dans la Seine.
Pourquoi ? Jusque-là, silence officiel de la République, archives de la police parisienne fermées et néant judiciaire. Un gros trou noir, une zone d'ombre malsaine, le drap d'une pudeur mal placée jeté sur un morceau d'histoire peu glorieux.
Aujourd'hui, le communiqué de l'Elysée est aussi sobre que prudent. Il indique : "La République reconnaît les faits avec lucidité."Elle admet que des manifestants l'Elysée ne se prononce pas sur leur nombre ont été massacrés dans la répression d'une manifestation pacifique.
M. Hollande se situe dans le droit-fil d'un président Jacques Chirac assumant la responsabilité de l'Etat dans la déportation des juifs de France. Il brise un silence officiel qui n'est que la forme atténuée d'une autre ignominie : le mensonge d'Etat.
Par l'un de ses porte-parole, le député Christian Jacob, chef de l'UMP à l'Assemblée, l'opposition a qualifié d'"intolérable" l'initiative du président. C'est une réaction basse et pathétique : celle d'une opposition incapable de s'élever au-dessus des conflits partisans ; celle d'une opposition qui eût préféré que l'on restât dans un silence de plomb indigne d'une République sûre d'elle.
M. Hollande a accompli un pas de plus dans la réconciliation de la France avec son histoire et avec l'Algérie. Il a bien fait.
Monsieur Copé est alarmé par la situation des Français de souche européenne dans les quartiers populaires des banlieues françaises, voici pour lui un nouveau cheval de bataille, le racisme anti-blanc. Jusque-là, seul le Front national et les mouvements identitaires en parlaient. Par la magie d'une élection à l'UMP, notre avocat d'affaires, député-maire de Meaux, s'y intéresse désormais. Lui dont la devise du club politique Génération France.fr est : «0% petites phrases, 100% débat d'idées», nous régale de tirades de comptoir de café du commerce. Nous apprenons ainsi qu'on priverait de pains au chocolat les enfants durant le Ramadhan, ou que les Blancs sont contraints de sortir tête baissée, nouveaux dhimis des médinas que seraient devenues les cités. Que ne nous dira bientôt notre candidat pour rattraper son retard dans les sondages ou s'imposer comme seul candidat légitime à la présidentielle de 2017 ?
Là, on franchit un pas supplémentaire, subtil, dans l'escalade continue de la libération de la parole, on viendrait à regretter les blagues grasses sur les Auvergnats ou le débat sur les Français d'origine étrangère. C'est la même démarche que celle du FN, mais faite par un homme politique de l'établishment. Opposer et rompre. Le secrétaire général de l'UMP ne nie pas l'existence d'un racisme dirigé contre les enfants de l'immigration, il n'en parle pas. Il lui oppose un racisme anti-blanc, manière de placer en concurrence les citoyens et leurs misères. Le bénéfice est double, on évite de parler de la situation économique et de l'absence de réponse à une crise qui favorise le rejet et la recherche de boucs émissaires, et on taille des croupières à ce qui n'est plus l'extrême droite mais la droite de la droite. La technique est fine, c'est celle de l'arbre qui cache la forêt.
Le racisme anti-blanc existe sans doute, grâce au ciel il est marginal, mais on se doit d'en parler désormais sous peine de se voir accuser de fuir le débat. Belle victoire du discours des Le Pen qui gagnent une nouvelle fois droit de cité. Mais ne tombons pas dans le piège de l'opposition des victimes et du subterfuge du camouflage qui nous ferait oublier le racisme ordinaire en raison d'une couleur de peau, d'une origine ou d'une religion supposée, celui-là n'est que trop consistant. Car c'est là où est le vrai danger, selon un mécanisme que chacun comprendra facilement, le rejet appelle le rejet, l'enfermement dans une communauté appelle le communautarisme.
La pente est déjà assez favorable à ces replis pour que l'on n'accélère pas le mouvement. Il n'y a qu'une seule communauté, la communauté nationale, il n'y a pas des racismes, mais le Racisme. Monsieur le maire de Meaux doit l'apprendre et cesser de promouvoir le communautarisme en jouant au pompier pyromane. On a déjà planté suffisamment de banderilles dans le «vivre ensemble» pour qu'on puisse faire l'économie de manœuvres électorales supplémentaires. Ne voyez-vous donc pas comment déjà les rapports sont de moins en moins fluides, n'entendez-vous donc pas ce qui se dit dans les conversations de tous les jours et même sur les plateaux de télévision quand une actrice de série télévisée et de publicité pour un jambon déclare en toute impunité : «Je suis comme beaucoup de Français islamophobes» ? Vous n'êtes pas raciste, chacun le sait, c'est encore pire, vous n'êtes qu'à la manœuvre et vous n'aurez pas à faire comme madame Morano et vous chercher un ami tchadien, «plus noir qu'un arabe». Vous êtes un politique, vous avez vocation à ouvrir des voies, où voulez-vous que nous allions ? Dites-le nous ! Monsieur Copé, retirez votre bombers et vos Doc Marteen, le costume de républicain vous sied mieux !
Madjid Si Hocine : militant associatif et animateur de l'Egalité d'abord
Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 15.10.2012 à 07h53 • Mis à jour le 15.10.2012 à 12h10
Matignon a assuré lundi, au lendemain des déclarations du ministre de l'éducation, Vincent Peillon, en faveur d'un débat sur le cannabis, qu'il n'y aurait "pas de dépénalisation" de cette drogue douce. "Le premier ministre et M. Peillon se sont parlé au téléphone ce matin (lundi), il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis", a assuré Matignon à la presse lundi matin.
Vincent Peillon a affirmé dans un communiqué que sa déclaration la veille était une"réflexion personnelle" et "ne contrevient pas à sa solidarité totale et entière" avec le gouvernement. "Il n'y a donc pas lieu à polémique", affirme le communiqué du ministère de l'éducation nationale.
Le ministre de l'éducation a créé la polémique en se prononçant dimanche soir lors de l'émission "Tous politiques" France Inter/AFP/Le Monde en faveur d'un"débat" sur cette question. Le président François Hollande et Jean-Marc Ayrault s'étaient déjà déclarés opposés en juin à toute dépénalisation du cannabis.
"C'est un sujet majeur", avait dit Vincent Peillon. "Je vois maintenant quasiment tous les soirs sur nos chaînes de télévision des reportages pour montrer les trafics illicites de nos banlieues et le danger dans lequel vivent nos concitoyens, y compris les enfants des écoles.""Comme ministre de l'éducation nationale, c'est un sujet qui concerne directement notre jeunesse. Il y a une économie parallèle dans ce pays, c'est l'économie de la drogue. Alors, on peut lutter par les moyens de la répression, je suis absolument pour", avait-il avancé. "Mais en même temps, je vois que les résultats ne sont pas très efficaces, parce que ça fait combien d'années et combien de lois qu'on nous dit ça ?", avait argumenté le ministre.
"Donc la question est posée, et je souhaite qu'on puisse avancer sereinement", avait-il ajouté. Il avait alors rappelé que l'ancien ministre socialiste de l'intérieur Daniel Vaillant avait rouvert le débat début octobre en proposant notamment une légalisation du cannabis à usage thérapeutique, ajoutant : "Je lui ai donné raison à l'époque. Je le fais encore aujourd'hui". "Cette question [de la dépénalisation] est posée et je souhaite que l'on puisse avancer sereinement". "Je suis très étonné parfois du côté un peu retardataire de la France sur un sujet qui, pour moi, est d'ampleur", avait encore dit Vincent Peillon.
COPÉ DEMANDE À HOLLANDE DE TRANCHER
Lundi, Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a quant à lui demandé"solennellement à François Hollande de trancher dans la journée"sur la question de la dépénalisation du cannabis. "Cela ne peut pas rester en l'état", a ajouté M. Copé sur France Info.
"La dépénalisation des drogues douces, dites douces, est simplement inacceptable. Je suis désolé de devoir rappeler ce que des dizaines et des dizaines de chercheurs ont évoqué dans des rapports scientifiques incontestables sur les ravages sur la santé physique, psychique, psychologique, sur l'ensemble des être humains et notamment les plus jeunes des effets du cannabis", a ajouté le député-maire de Meaux. M. Copé a dit vouloir"que ce débat flottant, rouvert régulièrement, soit immédiatement tranché". "Si ce n'est pas le cas, je lance à partir de demain une campagne de pétition et un appel à témoignages de parents d'enfants victimes de la drogue", a-t-il prévenu.
Dans un communiqué, le député de Paris et ex-premier ministre UMP François Fillon "condamne les propos irresponsables et dangereux" du ministre de l'éducation nationale, "à l'heure où notre société a plus que jamais besoin de repères". "Alors que le président de la République expliquait il y a quelques jours que l'éducation serait une priorité nationale, le ministre de l'éducation engage un débat qui va à l'encontre de l'école du respect et de l'autorité qu'il convient de mettre en place", estime le candidat à la présidence de l'UMP. "Une fois de plus, la cacophonie gouvernementale est à l'œuvre, dans un secteur où tous les parents d'élèves de France attendent du sérieux, de l'autorité", ajoute-t-il. M. Fillon se demande "jusqu'où l'amateurisme" qui préside au "destin de notre pays va se développer, jusqu'où ceux qui ont en charge des responsabilités nationales joueront les apprentis-sorciers". "L'interdiction de la consommation de cannabis en France demeure plus que jamais nécessaire pour protéger nos enfants", conclut l'ancien chef de gouvernement.
"INVRAISEMBLABLE", "IRRESPONSABLE", "INQUIÉTANT"
François Baroin (UMP) a jugé lundi "irresponsable" de rouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis comme l'a fait Vincent Peillon, car il lui paraît indispensable de maintenir la "barrière" de la loi contre un produit dangereux. Sur RTL, l'ancien ministre de l'économie a appelé à "se référer aux expertises médicales. On sait que le cannabis, c'est une drogue. Il n'y a pas de drogue douce ou dure".
Sur BFMTV et RMC, l'ex-garde des sceaux Rachida Dati a jugé la position du ministre de l'éducation "grave et irresponsable". "La montée du communautarisme et du radicalisme dans certains quartiers, ça a été une lâcheté des politiques. Sur le cannabis, la gauche veut recommettre cette lâcheté vis-à-vis du cannabis.""Je trouve que Vincent Peillon se comporte de manière lâche vis-à-vis de la toxicomanie. Et c'est irresponsable vis-à-vis de nos jeunes en France. On a autre chose à nous proposer que de pouvoir se droguer légalement", a insisté Mme Dati.
François Bayrou a jugé sur France Inter "étonnant" et "un peu inquiétant" le souhait de Vincent Peillon, pour une question de "cohérence gouvernementale" et parce qu'un ministre de l'éducation doit être avec ceux qui luttent contre la drogue. "Ceux qui se battent contre les drogues et leurs usages, ce sont les éducateurs, ce sont les professeurs, les parents. Et, le ministre de l'éducation doit être à côté d'eux et ne pas ignorer qu'une déclaration en ce sens va atteindre beaucoup d'esprits, beaucoup d'enfants, beaucoup de jeunes", a-t-il souligné.
Le député UMP Lionnel Luca, membre de la Droite populaire, a lui jugé dans un tweet dimanche "invraisemblable et scandaleux que le ministre de l'éducation défende la dépénalisation du cannabis."
Après la Gauche caviar,la Gauche pétard!Des distributeurs sont- ils prévus dans les établts scol par le ministre?
Valérie Pécresse a, elle-aussi fait usage d'un tweet pour révéler son indignation :"Du jamais vu ! Un ministre de l'éducation nationale irresponsable prêche la dépénalisation du cannabis. Quel impact sur l'échec scolaire ?"
Du jamais vu! Un ministre de l'éducation nationale irresponsable prêche la dépénalisation du cannabis. Quel impact sur l'échec scolaire?
Denis Baupin, député EELV et vice-président de l'Assemblée nationale, a estimé "courageux" d'ouvrir le débat, lundi sur Europe 1. "C'est justement parce que nous n'avons aucune complaisance vis-à-vis des trafics d'armes, de drogue, etc., que nous pensons que la prohibition en matière de cannabis est en échec", a-t-il dit. La dépénalisation, "c'est ce qui marche dans d'autres pays européens", a fait valoir M. Baupin.
20.10.12 | 06:22Il ne s'agit pas de repentance, mais de reconnaître des faits, et implicitement, de présenter ses ex...Lire les 7 réactions