lundi 7 septembre 2015

Pour Marine Le Pen, « l’immigration est un fardeau »


Le Monde.fr | 06.09.2015 à 18h22 • Mis à jour le 07.09.2015 à 07h32 | Par Olivier Faye


Pour le Front national, les élections régionales de décembre
 représentent bel et bien un scrutin national. Dès lors, la présidente du FN a livré pendant plus d'une heure un discours aux faux airs de campagne présidentielle, dimanche 6 septembre 2015, en clôture de l'université d'été du parti, à Marseille (Bouches-du-Rhône). Balayant de nombreux sujets, la députée a avant tout axé son propos sur l'immigration et le terrorisme. Un discours dans la continuité de celui du FN du temps de Jean-Marie Le Pen, qui était pourtant le grand absent de la journée.

La présidente du parti d'extrême droite n'a eu de cesse de s'en prendre au « pouvoir qui n'a rien fait, n'a rien tenté de faire » face à « la conjonction des crises : économique, sociale, migratoire ». « C'est un gouvernement fantoche que nous avons, un gouvernement pot de fleurs », a jugé Mme Le Pen, devant plus de 3 200 personnes chauffées à blanc. Pour la députée européenne, qui ne cesse de dénoncer une perte de souveraineté au profit de l'Union européenne, « la France n'est plus un Etat ». « La France est devenue le vassal d'autres puissances », elle suit « Washington et Berlin », a-t-elle estimé.

Fidèle à sa stratégie d'ancrage local, Marine Le Pen, qui ambitionne de voir son parti emporter quatre ou cinq régions en décembre, a promis que les exécutifs dirigés par ses troupes seraient des « remparts ». « Nous ne pourrons pas tout au niveau régional. Mais tout ce que nous pourrons faire, nous le ferons, comme dans les villes qui ont un maire Front national », a-t-elle assuré.

« Ils souhaitent que nous arrêtions de penser »

Plaçant l'accent sur l'immigration et le terrorisme, la fille de Jean-Marie Le Pen a déclenché une standing ovation. « L'immigration est un problème fondamental (…). L'immigration n'est pas une chance, c'est un fardeau ! », a-t-elle lancé, alors que la crise migratoire qui secoue l'Europe depuis plusieurs mois ne faiblit pas. Pour Mme Le Pen, hors de question de comparer le sort des réfugiés fuyant la guerre en Syrie ou en Irak à celui des Espagnols qui tentaient d'échapper à la guerre civile dans les années 1930, ou des juifs allemands qui laissaient derrière eux le nazisme. « Cette immigration ne ressemble pas à celle qu'a connue notre pays au début du siècle dernier. C'est une immigration économique dans un pays exsangue économiquement. »

La présidente du Front national, qui souhaite l'abrogation du droit du sol, la suppression de l'aide médicale d'Etat pour les étrangers en situation irrégulière et l'abolition des accords de libre circulation de Schengen, s'en est prise à la « culpabilisation » qui fait, selon elle, suite à la publication de la photo d'Aylan – un petit garçon syrien de 3 ans retrouvé mort sur une plage en Turquie. « Ils souhaitent que nous arrêtions de penser. Nous n'avons pas de leçon à recevoir, surtout quand ils vous jettent la mort d'un enfant au visage pour faire avancer leur sinistre projet ! », a-t-elle martelé.

Et de faire un lien direct entre cette crise migratoire et la multiplication des actes terroristes ces dernières années. « Sur ce sujet comme sur d'autres, le Front national devient la boussole des Français, comme il l'est sur le fondamentalisme islamiste, qu'on accroît encore par cette immigration hors contrôle », a-t-elle affirmé. Plaidant à nouveau en faveur de l'expulsion des étrangers fichés « S » par le renseignement pour cause de radicalisation, elle a promis, si elle accédait au pouvoir, de mettre « l'islam radical à genoux ».

Très critique contre l'exécutif, Mme Le Pen a aussi des mots durs à l'encontre de Nicolas Sarkozy, qui avait jugé, samedi 5 septembre, qu'elle manquait d'humanité face au drame des migrants. « Cette leçon de maintien pourrait faire sourire », a-t-elle ironisé, jugeant les propos de l'ancien président de la République « terribles pour lui-même (…) venant d'un homme qui, comme chef des armées, a contribué à l'assassinat d'un chef d'Etat [Mouammar Kadhafi] (…) et a livré la Libye aux bouchers islamistes ».

Aucun incident n'est venu émailler ce discours fleuve, alors que Jean-Marie Le Pen faisait planer le doute sur une possible venue. « Je ne ferais que rendre service à Marine Le Pen en attirant l'attention sur elle alors qu'elle en est réduite aux miettes médiatiques de ce week-end », a-t-il expliqué après coup. Le FN semble en tout cas avoir placé sous l'éteignoir le conflit politico-familial.


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